Christian Dietrich Grabbe est un écrivain et dramaturge allemand né à Detmold en 1801.
Il apprend très tôt à connaître les prisons, son père en étant directeur. Cette expérience dès le plus jeune âge le marque profondément, en lui laissant une vision pessimiste que l’on retrouvera dans ses œuvres. Il commence sa production littéraire autour des 20 ans, notamment en écrivant des pièces théâtrales qui se distinguent pour leur coté satirique et grotesque. L’on peut citer parmi les premières de ces pièces la tragédie Herzog Theodor von Gothland et le mélodrame Nannette et Maria. A l’époque ses pièces n’ont pas un grand succès, peut être aussi à cause de sa technique complètement neuve qui consistait à utiliser des changements de scène très rapides et fréquents. Si au début de son travail on retrouve une forte influence du Sturm und Drang, Grabbe se révèle très tôt un artiste qui dépasse sa propre époque, en anticipant des mouvements modernes comme l’expressionisme. La seule pièce qui sera représentée de son vivant est Don Juan und Faust, de 1829. La vie sentimentale de Grabbe ne lui donne pas non plus des satisfactions, puisque son unique mariage (avec Christiane Clostermeier) se termine mal et rapidement. De plus, n’ayant pas réussi ni comme acteur, ni comme juriste, ni comme dramaturge, Grabbe commence une dépression et devient dépendant de l’alcool. Cela ne fera qu’empirer son état de santé déjà détérioré jusqu’à l’entrainer à la mort, survenue le 12 septembre 1836.
Les pièces de Grabbe, particulièrement les historiques, sont aujourd’hui connues pour leurs héros tragiques, toujours confrontés à l’échec, et leur coté démesuré. L’on peut citer parmi les plus importantes : Plaisanterie, satire, ironie et signification cachée (1827), où il se met en scène lui-même, Frédéric Barberousse (1829), Napoléon ou les Cent-Jours(1831) et Hannibal (1835), écrit peu avant sa mort.