Friedrich-Heinrich Karl de La Motte-Fouqué est un écrivain romantique allemand né en 1777 à Brandebourg-sur-la-Havel, d’une famille huguenote d’origine normande. Le jeune Friederich aimerait suivre la longue tradition militaire de sa famille (le père est officier de l’armée prussienne), mais il est poussé aux études. Cependant sa volonté est forte et il parvient donc à quitter l’université pour participer à la campagne du Rhin en 1794. Après un court mariage de 1798 à 1802 il se déplace à Weimar, où il fait la connaissance de Schiller et Goethe, ainsi que de sa deuxième femme Caroline. Ce mariage lui donnera la stabilité dont il aura besoin pour se dédier à l’écriture et il abandonne donc définitivement les armes pour commencer son activité littéraire sous le pseudonyme de « Pellegrin ». Sa première œuvre Dramatische Spiele (1804) est publiée par Schlegel. L’année d’après avec Romanten vom Tal Ronceval il rentre à plein titre dans le romantisme allemand ; il commence alors à se dédier à des comtes et romans d’argument médiéval ainsi que mythologique, comme par exemple l’œuvre en vers Historie vom edlen Ritter Galmy, de 1806. Entre 1808 et 1810 il travaille sur la trilogie Sigurd der Schlangentöter, ein Heldenspiel, adaptation de la légende des Nibelungen qui inspira plus tard Wagner. Son conte le plus célèbre est Ondine, de 1811 ; la protagoniste Ondine prend une forme humaine grâce à son amour pour un jeune chevalier, mais quand celui-ci l’abandonne elle retourne au royaume des Eaux et reviendra seulement pour appeler son chevalier à la mort. En 1813 il est obligé d’interrompre son travail d’écrivain pour répondre à l’appel de Guillaume de Prusse à l’occasion des batailles de Guillaume de Prusse; sa participation lui vaudra le grade de major de cavalerie.
Après son retour de la guerre Friedrich vit le moment de plus grand succès littéraire : ses contes et ses romans de gout médiéval et mythologique plaisent énormément au public allemand. Cependant, cette productivité incroyable fait que l’auteur n’arrive plus à suivre le rythme du goût du public, qui évolue trop rapidement et qui n’est plus satisfait par son romantisme désormais démodé. En 1831 la mort de sa femme Caroline concourt encore plus à sa perte de productivité et il se rabat donc sur l’enseignement de la littérature à l’université. Sa dernière publication est Œuvres choisies, de 1841. Grâce à la pension accordée par Guillaume III il pourra survivre aisément jusqu’à la fin de sa vie. Il mourra à Berlin en 1843.