Karl Wilhelm Salice-Contessa


Karl Wilhelm Salice-Contessa est un artiste romantique allemand, né en 1777 à Hirschberg. Pendant sa jeunesse il entreprend des études en jurisprudence et voyage beaucoup en Europe. En 1802 il décide de s’arrêter à Weimar ; trois ans après il s’établira à Berlin, où il restera jusqu’à la fin de sa vie. Dans cette ville, en 1814, il rencontre Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, auteur à l’origine du cercle des Frères de Saint-Sérapion. Salice-Contessa travaillera sur de nombreux textes avec E.T.A Hoffmann, ainsi qu’avec Friedrich de La Motte-Fouqué ou encore avec von Chamisso. Salice-Contessa est surtout connu pour sa vaste production écrite de comédies, contes et nouvelles (l’on peut compter en effet neuf volumes d’Œuvres Complètes), mais aussi pour sa passion pour la peinture et pour la musique. Son inspiration vient principalement de certains épisodes historiques ou encore de certaines légendes traditionnelles de sa région d’origine (la Silésie).

Pour ce qui concerne l’écriture il faut compter aussi sa petite production théâtrale, notamment Das Rätsel, qui fut très bien accueilli par Goethe dans son théâtre. Seule une petite partie de la production de Salice-Contessa a été traduite en français, notamment le conte L’Homme vert, inspiré par le thème traditionnel du romantisme allemand du démon corrupteur. Karl Wihlelm Salice-Contessa décède à Berlin à l’âge de 48 ans en 1825, en laissant un important héritage au romantisme de son pays et de toute l’Europe.



Novalis

Georg Philipp Friedrich Von Hardenberg, que l’on connait mieux sous le nom de Novalis, nait le 2 mai 1772 à Wiederstedt. Il reçoit une éducation stricte et s’intéresse très tôt à la littérature, en partie à cause de sa santé fragile qui lui lasse le temps de beaucoup lire. Il fréquente la faculté de droit et de philosophie à Iéna, où il suit les cours de Schiller et Fichte, dont il deviendra élève autour de 1796. Dans la même année son frère Erasmus décède, ainsi que sa fiancée Sophie l’année suivante; l’artiste souffrira toute sa vie de ces évènements. Cette souffrance est notamment à l’origine des Hymnes à la Nuit


Quel mortel, quel être doué de la faculté de sentir, ne préfère pas au jour fatigant la douce lumière de la nuit avec ses couleurs, ses rayons, ses vagues flottantes qui se répandent partout. Oh ! comme alors l’ame, avec ce qu’elle a de plus intime, respire cette lumière du monde gigantesque des astres ! La pierre aussi la respire, la pierre qui étincelle, et puis la plante qui ouvre ses pores, et puis l’animal sauvage ; mais avant tout l’étranger avec ses regards ardens, sa démarche incertaine et ses lèvres tremblantes ! Car c’est elle qui, semblable à un roi de la nature terrestre, opère d’innombrables métamorphoses, noue et dénoue mainte alliance, et entoure de son image céleste les choses d’ici-bas, et c’est sa présence qui nous révèle les merveilles de l’empire du monde. ... (LIRE LA SUITE)


Après quelques années d’études à Weissenfeels-Sale il déménage à Leizpig, où il rencontre Fredrich Schlegel, un des plus importants protagonistes du Romantisme. Il commence son œuvre poétique avec des poèmes d’argument amoureux et politique, pour développer ensuite sa pensée philosophique, que l’on connaitra plus tard comme les Fragments.

Novalis veut « romantiser » le monde avec sa poésie et veut trouver une valeur universelle dans le particulier. Pour faire cela il est nécessaire d’observer la réalité avec un regard intuitif, sans donner la priorité à la raison, cœur de la pensée illuministe à laquelle Novalis veut réagir.

Pour lui la poésie, étant le produit de l’esprit humain, est un acte créatif et représente la vraie connaissance, la vraie réalité.

Autour de 1798, à Freiberg, il fait la connaissance de Schlegel, Schelling et d’Abraham Werner. C’est aussi grâce à ces contacts qu’il intensifie ses études sur les sciences naturelles.

Suite à des problèmes de santé il doit se déplacer à Teplitz, un lieu de tranquillité, où il trouve l’inspiration pour écrire des fragments sur la religion, le quotidien et les femmes. De retour à Freiberg il commence également à travailler sur son Brouillon général et sur ses études de science naturelle, ainsi que sur son œuvre Les disciples à Sais. Tous ces écrits seront publiés posthumes.

En 1798 il se fiance à nouveau avec Julie von Charpentier. Une période extrêmement fructueuse commence pour lui, mais il succombe à la tuberculose en 1801, après avoir produit les plus importantes de ses œuvres poétiques et philosophiques.





Ludwig Tieck

Ludwig Tieck est un écrivain allemand qui a énormément contribué au développement du romantisme. Né en 1773 à Berlin, il vit à l’époque des personnages les plus importants du romantisme, mais au contraire de la plus part d’entre eux il vit une longue et tranquille existence, ce qui en fait un des romantiques les plus actifs et productifs. Pendant sa jeunesse il étudie la littérature ancienne et moderne, l’histoire et la philosophie. Son œuvre se distingue pour son originalité, sa musicalité et son imagination par rapport à tous les autres artistes romantiques. Homme de lettre dans tous les sens, il écrit des comédies, des contes (comme Amour et Magie de 1811 ou Eckbert le Blond de 1797), des nouvelles (notamment le cycle de nouvelles écrit de 1820 à 1840), il s’occupe de théâtre et de traductions ainsi que de critique. Il est également auteur d’écrits de voyages, inspirés par ses nombreux déplacements en Europe avec son cher ami Wackenroder.

Tieck anticipe certains concepts de la psychanalyse dans ses ouvres souvent énigmatiques, en particulier de l’idée de subconscient et la recherche d’identité. Il vit à Iéna autour de 1800, c’est à ce moment-là qu’il se lie au groupe d’artistes qui sera connu comme le cercle d’Iéna : Novalis, Schelling, Brentano, Fichte et les frères Schlegel.

Tieck est connu en époque moderne surtout grâce à son genre du conte fantastique, qui a apporté quelque chose de nouveau au romantisme. Une bonne partie de ses contes sont recueillis dans Phantasus, de 1812-1816, et parmi ses œuvres les plus importantes l’on peut citer Volksmärchen von Peter Lebrecht (1797), Romantische Dichtungen (1800), Le Runenberg (1802), Altenglisches Theater (1811).



Christian Dietrich Grabbe

Christian Dietrich Grabbe est un écrivain et dramaturge allemand né à Detmold en 1801.

Il apprend très tôt à connaître les prisons, son père en étant directeur. Cette expérience dès le plus jeune âge le marque profondément, en lui laissant une vision pessimiste que l’on retrouvera dans ses œuvres. Il commence sa production littéraire autour des 20 ans, notamment en écrivant des pièces théâtrales qui se distinguent pour leur coté satirique et grotesque. L’on peut citer parmi les premières de ces pièces la tragédie Herzog Theodor von Gothland et le mélodrame Nannette et Maria. A l’époque ses pièces n’ont pas un grand succès, peut être aussi à cause de sa technique complètement neuve qui consistait à utiliser des changements de scène très rapides et fréquents. Si au début de son travail on retrouve une forte influence du Sturm und Drang, Grabbe se révèle très tôt un artiste qui dépasse sa propre époque, en anticipant des mouvements modernes comme l’expressionisme. La seule pièce qui sera représentée de son vivant est Don Juan und Faust, de 1829. La vie sentimentale de Grabbe ne lui donne pas non plus des satisfactions, puisque son unique mariage (avec Christiane Clostermeier) se termine mal et rapidement. De plus, n’ayant pas réussi ni comme acteur, ni comme juriste, ni comme dramaturge, Grabbe commence une dépression et devient dépendant de l’alcool. Cela ne fera qu’empirer son état de santé déjà détérioré jusqu’à l’entrainer à la mort, survenue le 12 septembre 1836. 

Les pièces de Grabbe, particulièrement les historiques, sont aujourd’hui connues pour leurs héros tragiques, toujours confrontés à l’échec, et leur coté démesuré. L’on peut citer parmi les plus importantes : Plaisanterie, satire, ironie et signification cachée (1827), où il se met en scène lui-même, Frédéric Barberousse (1829), Napoléon ou les Cent-Jours(1831) et Hannibal (1835), écrit peu avant sa mort.



Alphonse de Lamartine

Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine est un des plus grands artistes romantiques français. Il est né le 21 octobre 1790 à Mâcon dans une famille liée à la monarchie. Il passe son enfance et sa jeunesse à Milly, dans une maison de campagne avec sa famille. Dès le début des études chez les jésuites il est intéressé par les sciences humaines et les poètes latins.
En 1808 il termine ses études: selon la tradition il devrait poursuivre une carrière militaire, mais Alphonse ne veut servir l'Empire en aucune façon. Aussi, ses parents n’approuvent pas son intérêt pour une jeune fille du village: il est ainsi envoyé en 1811 en Italie, où il retrouve des cousins ​​à Livourne, Pise et Naples. A Naples il vit son premier grand amour avec une fille italienne, Antonella Yacomina, que l’on retrouvera plus tard dans le personnage littéraire de Graziella. 

En Mars 1820 il est nommé ambassadeur à Naples, mais deux mois après il renonce à son mandat (il reste seulement en tant secrétaire à l’ambassade) pour se marier avec Mary-Ann Birch: le couple emménage dans le château que le père leur a offert à Saint-Point, près de Mâcon. En Février 1821 à Rome nait le premier enfant d’Alphonse, qui ne survivra que jusqu'à l’âge de deux ans. En mai 1822 à Macon nait également une fille, Julia, destinée aussi à mourir prématurément en 1832. Entretemps Alphonse de Lamartine démissionne de ses fonctions à l’ambassade en 1830. A partir de cette année il voyage souvent, surtout en Orient. Il est aussi nommé député et s’engage de manière forte dans la politique républicaine, jusqu’à sa déception suite à la victoire de Louis Napoléon Bonaparte.

Alphonse de Lamartine publique en 1820 les Méditations poétiques, poèmes sentimentaux inspirés par un amour de jeunesse; dans ces poèmes se mélangent la tradition élégiaque du XVIIIe siècle et les expressions romantiques. Les œuvres plus célèbres de Lamartine sont Les Nouvelles méditations poétiques (1823), Le Dernier Chant du pèlerinage d'Harold (1825), les Harmonies poétiques et religieuses (1830) et aussi La Vigne et la Maison (1857). 

Plus tard la production de Lamartine se caractérise par des œuvres essentiellement autobiographiques: Nouvelles confidences (1851), Raphaël (1849), Graziella (1849), Geneviève: histoire d'une servante (1851) et Le Tailleur de pierre de Sain-Pont (1851). Toujours de cette période sont ses ouvrages historiques, dans lesquels l’on retrouve son engagement politique: Histoire de la Restauration (1851, en 8 volumes), Histoire de la Turquie (1854), Histoire de la Russie (1855) et Cours familier de littérature (1856, en 28 volumes). 

Son œuvre est caractérisée par un lyrisme très soigné et, en dehors des œuvres politiques et métaphysiques, par le chant de l'amour, de la nature et de la mort, selon les principes du romantisme. 

Les dernières années de la vie de Lamartine sont plutôt sombres: en 1863 son épouse Mary-Ann décède; en 1867 il perd l'usage de la parole suite à une attaque cérébrale. Le gouvernement lui reconnaît une subvention en argent, et la Ville de Paris lui offre une maison à Passy, où il décèdera le 28 février 1869.




Friedrich de La Motte-Fouqué

Friedrich-Heinrich Karl de La Motte-Fouqué est un écrivain romantique allemand né en 1777 à Brandebourg-sur-la-Havel, d’une famille huguenote d’origine normande. Le jeune Friederich aimerait suivre la longue tradition militaire de sa famille (le père est officier de l’armée prussienne), mais il est poussé aux études. Cependant sa volonté est forte et il parvient donc à quitter l’université pour participer à la campagne du Rhin en 1794. Après un court mariage de 1798 à 1802 il se déplace à Weimar, où il fait la connaissance de Schiller et Goethe, ainsi que de sa deuxième femme Caroline. Ce mariage lui donnera la stabilité dont il aura besoin pour se dédier à l’écriture et il abandonne donc définitivement les armes pour commencer son activité littéraire sous le pseudonyme de « Pellegrin ». Sa première œuvre Dramatische Spiele (1804) est publiée par Schlegel. L’année d’après avec Romanten vom Tal Ronceval il rentre à plein titre dans le romantisme allemand ; il commence alors à se dédier à des comtes et romans d’argument médiéval ainsi que mythologique, comme par exemple l’œuvre en vers Historie vom edlen Ritter Galmy, de 1806. Entre 1808 et 1810 il travaille sur la trilogie Sigurd der Schlangentöter, ein Heldenspiel, adaptation de la légende des Nibelungen qui inspira plus tard Wagner. Son conte le plus célèbre est Ondine, de 1811 ; la protagoniste Ondine prend une forme humaine grâce à son amour pour un jeune chevalier, mais quand celui-ci l’abandonne elle retourne au royaume des Eaux et reviendra seulement pour appeler son chevalier à la mort. En 1813 il est obligé d’interrompre son travail d’écrivain pour répondre à l’appel de Guillaume de Prusse à l’occasion des batailles de Guillaume de Prusse; sa participation lui vaudra le grade de major de cavalerie.

 Après son retour de la guerre Friedrich vit le moment de plus grand succès littéraire : ses contes et ses romans de gout médiéval et mythologique plaisent énormément au public allemand. Cependant, cette productivité incroyable fait que l’auteur n’arrive plus à suivre le rythme du goût du public, qui évolue trop rapidement et qui n’est plus satisfait par son romantisme désormais démodé. En 1831 la mort de sa femme Caroline concourt encore plus à sa perte de productivité et il se rabat donc sur l’enseignement de la littérature à l’université. Sa dernière publication est Œuvres choisies, de 1841. Grâce à la pension accordée par Guillaume III il pourra survivre aisément jusqu’à la fin de sa vie. Il mourra à Berlin en 1843.




William Blake

William Blake nait à Londres en 1827. La première activité à laquelle il se dédie est le dessin, pour lequel il est extrêmement doué. Il exécute de nombreuses gravures, notamment celles de sa propre édition de Songs of Innocence (1789), qu’il publie lui-même à cause de sa situation économique qui ne lui permet pas de publier auprès d'un éditeur. L’œuvre obtient un succès modéré mais suffisant pour encourager le jeune artiste à continuer son activité. Un ouvrage très important est Le Mariage du Ciel et de l’Enfer, dans laquelle il expose sa théorie selon laquelle le choc entre des forces opposées serait le moteur de la vie, et ferait progresser l’homme. C’est le cas aussi pour raison et intuition, qui luttent dans l’esprit humain. Ce conflit permet donc à l'homme d’évoluer. La poésie ne permet pas au jeune William de gagner sa vie et après son mariage en 1782 il se concentre donc surtout sur les gravures. En effet son œuvre poétique n’a pas beaucoup de succès à l’époque et sera reconnue seulement plus tard par les romantiques et les symbolistes. 

Une raison est peut-être le contenu de ses écrits, souvent dirigé contre les représentants du pouvoir, que Blake jugeait trop corrompus et autoritaires. A cause des conflits et des problèmes provoqués par ses idées révolutionnaires il décide de partir et passe ainsi trois ans à West Sussex. Après une année passée en prison à cause d’une banale altercation il décide de rentrer à Londres, où il restera jusqu’à la fin de sa vie. Il passe ses dernières années dans l’obscurité, toujours occupé par l’écriture et la gravure. Le coté figuratif de son activité attire en effet le public de son époque bien plus que sa poésie, et l’on apprécie ses illustrations d’œuvres comme Natural Religion, The Grave, le Pèlerinage de Canterbury, et de la Comédie de Dante, qu’il ne terminera pas, interrompu par la mort le 12 aout 1827.

A voir:
Wiilliam Blake by Thomas Phillips

Benjamin Constant

Benjamin Constant est originaire de Lausanne, ou il naît en 1767. Sa famille se déplace à cause du travail du père en en Allemagne et en Ecosse, ou le jeune Benjamin reçoit une éducation d’excellence. Pendant ses études il voyage en Suisse, Angleterre et France, où il rencontre Mme de Charrière, qui sera son amante pendant longtemps. Il épouse ensuite en 1789 la baronne de Cramm, « Minna », connue à la cour de Brunswick. Le mariage dure jusqu’en 1795. En 1794 Constant rencontre Mme Germaine de Staël, qui dirige le Groupe de Coppet. Il entretient une longue relation avec elle et cela influe sur ses écrits, qui sont à l’époque surtout de sujet politique, en défense des mouvements révolutionnaires. Un exemple peut être « Lettres à un député de la Convention », paru dans les Nouvelles politiques, nationales et étrangères. Il milite notamment dans l’opposition au régime de Bonaparte. Malgré cette position il participe aux Cent-Jours du coté de Napoléon, et écrit l’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire. Il écrit aussi un essai politique très important, Principes de politiques applicables à tous les gouvernements représentatifs (de 1806 mais publié en 1815) ainsi que des romans, parmi lesquels Adolphe et Cécile. L’on peut rappeler également son écrit autobiographique, Cahier rouge.

Benjamin Constant sera connu surtout pour ses idées originales, en particulier à propos de l’Etat, du Parlement, de l’Eglise, et sur le plan psychologique à propos de l’amour.



Richard Wagner

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Richard Wagner nait à Leipzig en 1813. Le deuxième mari de sa mère, Ludwig Geyer, est acteur et amène donc le petit Richard au théâtre dès le plus jeune âge. C’est ainsi que le garçon commence à s’intéresser à la musique et au théâtre. Après des études dans le domaine de la musique il obtient enfin des résultats et devient directeur d’orchestre.


En 1836 il épouse une chanteuse, Wilhelmine « Minna » Planer, et il commence à se déplacer en Europe pour pouvoir gagner le nécessaire. Il est appelé en 1843 à Dresde comme directeur d’orchestre et cela lui permet de voir représentés ses mélodrames Le Vaisseau Fantôme, inspiré par une tempête vécue pendant un voyage, et Tannhauser.

Suite à sa participation à la révolution de 1849 contre le gouvernement saxon en Allemagne il est condamné et fuit en Suisse à Zurich, où il restera jusqu’en 1860. C’est à ce moment qu’il se separe de Minna.

Pendant son « exile » Wagner produit beaucoup de ses travaux les plus importants, dont Tristan et Isolde, inspiré entre autre par la philosophie de Schopenauer. Après son retour en Allemagne il travaille aussi sur Les maitres Chanteurs de Nuremberg.

En 1864 il est invité a Monaco par le roi Louis II de Bavière, qui l’admire et qui fait construire le Theatre de Bayreuth, qui sera le théâtre wagnérien par excellence.

En 1870, après le décès de Minna, Wagner demande en mariage la fille de son ami Liszt, Cosima. A partir de ces noces le musicien commence une période sereine et productive de sa vie, ainsi que trois enfants, Isolde, Eva et Siegfried.

Pendant ces années Wagner verra représentée la Tétralogie et en particulier L’Anneau du Nibelung. Son dernier grand travail est le Parsifal, un opéra inspiré par le cycle médiéval de la Table Ronde. Il termine ce travail en Sicile et le voit représenté en 1882 à Bayreuth. Wagner part l’année suivante pour rendre visite à sa famille à Venise, mais il n’est pas en bonne santé et décède le 13 février.



Friedrich von Schiller


L’on peut considérer Johann Christoph Friedrich von Schiller parmi les plus importants poètes, dramaturges historiens et philosophes de son époque, spécialement pour ce qui concerne l’esthétique. Son ouvrage le plus important à ce sujet est Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme, de 1795.


Schiller nait en Allemagne à Marbach am Neckar en 1759. Il commence ses études en droit et médecine. Sa première œuvre de théâtre, Les Brigands, est publiée en 1781 et représentée en 1782 au théâtre de Mannheim, pendant le service de Schiller pour le duc de Württemberg. Étant parti pour Mannheim sans autorisation du duc, le jeune est arrêté et après son évasion il passera quelques années dans la clandestinité.

Ses premières œuvres sont d’inspiration dramatique et veulent promouvoir la liberté de l’homme, ce qui les approche du mouvement « Sturm und  Drang », qui précède le Romantisme allemand.

Grace à Goethe le jeune Schiller peut enseigner Histoire et Philosophie à l’université d’Iéna, qui porte aujourd’hui son nom. Pour citer quelques-unes de ses œuvres les plus connues et importantes, en 1787 il publie Marie Stuart, en 1793 l’Histoire de la guerre des Trente Ans et en 1804 Guillaume Tell.

La poétique de Schiller a comme base la pensée de Kant et la Critique de la faculté de juger en particulier. Schiller établi ainsi la nécessité esthétique de donner une base objective à ce que l’on considère « beau ». Pour Schiller l’art e le Beau représentent la plus grande liberté de l’homme.

Il meurt en 1805 à cause d’une tuberculose, laissant de nombreux chefs d’œuvre qui inspireront de grands musiciens et qui seront adaptés en musique, par exemple Les Brigands par Verdi , Marie Stuart par Donizetti ou encore l’Hymne à la joie par Beethoven.




William Wordsworth

William Wordsworth par Benjamin Robert Haydon -1842 


William Wordsworth est considéré, avec Coleridge, l'initiateur du mouvement romantique en Angleterre, et se distingue comme le plus grand poète de la nature, une nature perçue avec une force et sensibilité nouvelles, sans précédents dans la littérature anglaise. Sa nouvelle conception de la poésie nait de la fusion du monde intérieur du poète avec l'extérieur. Son objectif avec la composition des Lyrical Ballads est de "transformer avec le charme de la nouveauté les choses de tous les jours et de susciter un sentiment semblable au surnaturel".

William Wordsworth nait à Cockermouth et passe son enfance en contact avec le paysage calme et pittoresque de Lake District. En 1791 il part en France, où il reste pendant deux ans et où il a une fille d'Annette Vallon. Après s’être séparé d’elle il retourne en Angleterre, et traverse une période de choc profond. Cette crise se reflète dans le drame The Borderers. En 1795 il rencontre Coleridge, avec qui il commence par une collaboration célèbre. Nommé poète lauréat en 1843, il meurt en 1850 à Rydal Mount, où il s'était installé en 1819.

Wordsworth publie les premiers poèmes en 1793: An evening walk e Descriptive sketches, qui ne présentent pas encore une forme vraiment originale. En 1798 il publie avec Coleridge les Lyrical Ballads, composé de dix-neuf de ses poèmes et quatre de Coleridge ; cette œuvre est considérée comme l'affiche officielle du mouvement romantique anglais. La meilleure de ces poésies est Tintern Abbey, qui présente l'évolution de l'attitude du poète envers la nature, de l'enfance à l'âge adulte.

Le prélude, qu’il a commencé en 1798, achevée en 1805 et publié à titre posthume en 1850, est un poème autobiographique en « blank verse », presque un journal intime dans lequel le poète présente son évolution spirituelle. En 1807, il publie deux volumes de poèmes. Les œuvres de la maturité comprennent plusieurs séries de sonnets (The river Duddon, 1820; Ecclesiastical sonnets, 1822) et la poésie inspirée par les voyages en Irlande et en Ecosse, où il est devenu ami de Sir Walter Scott (Memorials of a tour on the continent, 1822)

Dans la célèbre préface à la deuxième édition (1800) de Lyrical Ballads Wordsworth a donné sa définition de la poésie. Le poème dépend du flux des émotions, filtrés par la mémoire: il ne vient pas directement de l'émotion, mais du moment où cette émotion elle-même est revécue. La capacité de reconstruction de la mémoire reproduit cette émotion sous une forme purifiée et poétique. Le poète est un homme d'une grande sensibilité et avec des talents supérieurs à ceux de l'homme du commun, et il a donc la tâche de montrer la vérité aux autres hommes. La dans un premier temps Wordsworth semble avoir une vue panthéiste: l'individu et l'humanité entière sont un seul élément et la tâche du poète est de chanter cette affinité. Ce tournant de la nature conduit à un élément typiquement romantique, le retour à l'enfance, cette période de la vie humaine dans laquelle des expériences sensorielles sont plus immédiates et une vie saine. Une attitude précieuse pour le poète, car il peut percevoir les mystères du monde, une attitude que l'homme perd au fil du temps.

Le style de Wordsworth est simple et pauvre en métaphores et comparaisons, pour rester proche de la langue commune. Parfois son style poétique pourrait se rapprocher de la prose. Toujours au sujet du mètre, Wordsworth abandonne le couplet héroïque du XVIIIe siècle pour revenir à des formes plus élémentaires, à des métriques telles que le vers blanc, plus adaptées à ses contenus et sujets.

L'œuvre poétique de Wordsworth est immense :





Marie-Henri Beyle

L'écrivain français Marie-Henri Beyle, mieux connu sous le nom de Stendhal, nait en 1783 à Grenoble dans une riche famille bourgeoise. Après avoir perdu sa mère à l’âge de 7 ans il rentre en conflit avec son père, qu’il décide de quitter à 16 ans pour vivre à Paris. Il s’intéresse rapidement aux évènements politiques et décide de participer aux Campagnes napoléoniennes (Napoléon Bonaparte) à Milan. C’est à partir de ce moment qu’il pourra connaitre l’Italie et développer son amour pour ce pays, qui sera très important dans ses romans, dont « La Chartreuse de Parme ». Le jeune homme obtient le grade de lieutenant, devient aide de camp du général Michaud et intègre l'administration militaire, position qui lui permet de fréquents voyages en l'Italie, Autriche, Russie et Allemagne, jusqu'à la chute de Napoléon. Il vit ensuite à Milan pendant six ans mais est obligé de rentrer en France car les autrichiens l’accusent d’être un collaborateur de la « Carbonarisme » milanaise. A Paris il commence, pour gagner sa vie, à écrire comme journaliste, critique, historien et même chroniqueur de l’actualité politique.

Il commence également à écrire des réflexions autobiographiques avec le pseudonyme de Stendhal. Son premier succès, « De l’amour », date de 1882. En 1830, année de publication de son chef d’œuvre « Le Rouge et le Noir », il obtient enfin le titre de consul à Trieste et peut ainsi retourner en Italie. Il voyage ensuite à Civitavecchia, Rome, Florence et Naples, où il découvre des univers différents. Ce sera cette Italie, fantastique et réelle au même temps, que l’on retrouvera dans ses romans. Stendhal exprime pour sa génération la désorientation et le désenchantement que la nouvelle société bourgeoisie provoque dans l'individu, plongé dans une réalité sociale et politique en constante évolution.

GRAND FORMAT : OEUVRES COMPLETES DE STENDHAL





Jean Louis Théodore Géricault

Théodore Géricault nait à Rouen en 1791. Il commence son expérience de peintre dans le milieu néoclassique français. Après un voyage à Rome, où il étudie Michel-Ange et Caravage, il revient à Paris où il fait la rencontre d’Eugène Delacroix.

Ce tableau est inspiré par le naufrage en 1816 du navire « Méduse », suite auquel 15 passagers survécurent sur un radeau à la dérive pendant plusieurs jours. Théodore Géricault  fit des recherches à propos, des études anatomiques sur des cadavres, sur l'eau et le radeau, il le reconstruisit, et après de nombreuses ébauches il arriva à l’idée finale.

Géricault sera en effet attiré plus tard par des thèmes macabres, comme les têtes de décapités ou des portraits de fous et d’aliénés. Géricault incarne l'artiste romantique « type »: son goût pour l'horrible et son rejet de la beauté doivent secouer les sentiments les plus profonds de l'être humain, et cela à travers ses peintures. Il meurt très jeune à l’âge de 33 ans.

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Cheval arabe gris-blanc  circa 1824
- Musée des Beaux-Arts, Rouen, France

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La monomane du jeu, 1819-1822
 - Musée du Louvre

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L'Aliéné Circa 1822

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Le Derby d'Epsom  1821
- Musée du Louvre




Caspar David Friedrich

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Der Mittag (2.Bild des Tageszeitenzyklus) 1821
 - Hannover, Niedersächsisches Landesmuseum



Caspar David Friedrich, peintre allemand né en 1774, a été une des voix du romantisme les plus connues. L’Allemagne a été le berceau du romantisme, avec le mouvement « Sturm und Drang », des philosophes comme Schlegel et des musiciens comme van Beethoven. Friedrich aime représenter le côté mystique de la nature et les spectacles qu’elle peut offrir à l’homme, en lui faisant ainsi expérimenter le sublime. Voici un exemple de cette poétique artistique dans le tableau Der Wanderer über dem Nebelmeer, « Le voyageur au-dessus de la mer de nuages ».

Dans cet œuvre le peintre veut montrer toute la puissance de la nature en opposition à l’homme, petit et impuissant devant ce paysage archéen, et cela dans le plein respect des principes du Romantisme, que l’on apprendra à mieux connaitre d’un post à l’autre.


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Neubrandenburg 1816/1817

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Wrack im Eismeer 1798
 - Hamburg, Kunsthalle

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Gartenlaube in Greifswald 1818
- München, Neue Pinakothek

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Der Wanderer über dem Nebelmeer 1817
 - Hamburg, Kunsthalle




Eugène Delacroix, 1798-1863


Jeune orpheline au cimetière - 1823 


- Musée du Louvre

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 Natchez (entre 1823 et 1835)


Ferdinand Victor Eugène Delacroix est né à Saint-Maurice près de Paris le 26 avril 1798 et est mort à Paris le 13 août 1863. C’est l'artiste et peintre considéré comme le principal représentant du mouvement romantique français.

Charles Delacroix est stérile au moment de la conception d’Eugène, et l’on croit que son vrai père soit Talleyrand, qui assistait la famille et qui sera le successeur de C. Delacroix au ministère des Affaires étrangères. Eugène, en effet, lui ressemblera à la fois dans l’apparence et dans le caractère.

Dans sa carrière en tant qu'artiste Delacroix trouve protection d’abord auprès de Talleyrand, et plus tard auprès de son petit-fils, Charles Auguste Louis Joseph Demorny, duc de Morny, demi-frère de Napoléon III et président de la Chambre des députés.

Au début de ses études Delacroix s'intéresse à la lecture des classiques et remporte également des prix pour son habileté dans le dessin.

En 1815 il commence son apprentissage avec Pierre-Narcisse Guérin, en suivant le style néoclassique de Jacques-Louis David. Une des premières œuvres à thème religieux est La Vierge des Moissons (1819) qui montre l’influence de Raphaël; cependant dans un travail du même type, La Vierge du Sacré-Cœur (1821), son style est déjà plus indépendant.

Ces travaux sont antérieurs à l'impact de l’influence du peintre flamand Rubens, avec son style riche et plein de couleurs, et de celle de son ami Théodore Géricault, pour lequel il pose pour le Radeau de la Méduse. Influencée par Michel-Ange et Rubens, sa peinture se développe dans deux directions principales: la couleur expressive pour le côté de sujets formels, et l’exotique pour le côté poétique.

Sa première peinture importante, La Barque de Dante, acceptée par le Salon de Paris en 1822, a été inspirée par l'impression suscitée en lui par Le Radeau de la Méduse de Géricault:
Fichier:Géricault - La zattera della Medusa.jpg
Ce tableau montre un lien direct avec le romantisme littéraire. ( Musée du Louvre ).

Le travail fut contesté par le public et par le monde académique, même si le tableau fut acheté par l'Etat pour la Galerie du Luxembourg. Le rejet de ses œuvres par une grande partie du public est une constante dans sa carrière, mais au même temps Delacroix est souvent pris en charge par quelques admirateurs fortunés.

Deux ans plus tard il peint Le Massacre de Scio, qu’illustre un épisode de la guerre de libération des Grecs par les Turcs. La dure réalité et la singulière expressivité témoignent que Delacroix est engagé en tant qu'artiste par rapport aux problèmes de son temps

Delacroix a peint un deuxième tableau pour soutenir la lutte des Grecs pour l'indépendance, cette fois inspirée par la capture de Missolonghi par les forces turques en 1825.

En 1825, lors d'un voyage en Angleterre, il a l’occasion d’explorer l'utilisation de la couleur qui caractérise cette période de la peinture anglaise, ce qui le conduit à réaliser son seul et grand portrait, celui de Louis-Auguste Schwiter, (1826-1830).

Dans d’autres peintures, comme le Giaour (1826) et la Femme au perroquet (1827) Delacroix introduit dans sa peinture des thèmes de violence et de sensualité.

Ces questions sont rassemblées dans le tableau La Mort de Sardanapale (1827-1828).

L'œuvre qui représente au mieux cet aspect est la Liberté guidant le peuple de 1830. Delacroix passe du côté de l'opprimé qui réclame une nouvelle importance sociale et politique. Après cette période, en raison de ses voyages au Maroc et en Espagne, la peinture de Delacroix se déplace vers des sujets de plus en plus exotiques tels que Femmes d'Alger.

Delacroix est également auteur de nombreuses lithographies, comme des illustrations pour des œuvres de Shakespeare, Walter Scott et de Goethe.

L'étude de Delacroix sur les effets optiques obtenus par des moyens de couleurs affectera le travail des impressionnistes, tandis que sa passion pour les thèmes exotiques sera une source d'inspiration pour les artistes du mouvement symboliste.

Contrairement à son principal rivale Ingres, qui recherchait un certain perfectionnisme dans un style néoclassique, Delacroix a été inspiré par l'art de Rubens et des peintres de la Renaissance vénitienne, et met davantage l'accent sur ​​la couleur et le mouvement plutôt que sur la netteté des profils et des sur la perfection de la forme.

Eugène Delacroix aimait impressionner avec une conversation brillante. Le public était souvent surpris par la violence et la froideur de ses tableaux, alors que ce n’était que du « pre-dandysme ». Charles Baudelaire admirait beaucoup la peinture de Delacroix, sur laquelle il a écrit plusieurs pages enthousiastes. Delacroix même a publié de nombreux articles de critique de l'art et sur la politique, ainsi qu’une œuvre littéraire de grande importance: son journal (Amazon.fr), qui mérite d'être compté parmi les chefs-d'œuvre du genre: